D’un mois de juillet mitigé

Le mois de juillet est presque terminé. Je n’ai gagné que 174 euros ce mois-ci (oui, vous avez bien lu) en allant travailler cinq jours sur sept. Parfois, j’ai envie de tout envoyer valser… 🙁 Les gens n’ont tendance à voir que le côté glamour de la vie d’artiste… Ce n’est pas seulement essayer de « vivre de son art » et tenir un ravissant carnet de croquis. On est bien loin, aussi, du « oh, mais tu fais une activité qui te plaît ! » ou « c’est une passion ! ». Ils ne voient pas la personne qui trime pour vendre deux malheureuses peintures dans le mois.

Je n’ai jamais aussi mal travaillé en juillet. Même lors de ma première année à la boutique, en 2021, alors que j’étais encore inconnue. « Une activité qui me plaît » et « une passion », oui, parfois. Le mot passion vient du latin passio, qui signifie « souffrance », il ne faut pas l’oublier… 🙂 Je dois parfois travailler sur des projets qui m’inspirent peu, ou pas du tout. Je passe des dizaines d’heures à faire des croquis, et d’autres à peindre le projet définitif, pour une somme misérable.

Idéalement, je voudrais pouvoir profiter de ma boutique en ligne, utiliser mon temps pour peindre des choses qui me plaisent, les mettre en vente, et les expédier le cas échéant. Je voudrais pouvoir travailler 16 heures dans la journée si je me sens inspirée. Et aussi ne rien faire pendant plusieurs jours si l’inspiration n’est pas au rendez-vous.

J’ai fait mes comptes, et la location + assurance de ma voiture me coûtent environ 250 euros par mois pour pouvoir me rendre à la boutique et bosser. Ajoutez à cela le prix de l’électricité pour « faire le plein ». Vous constaterez vite que je paie souvent pour aller travailler, au lieu de gagner de l’argent en travaillant ! 🙁 C’est rageant…

De mes projets de septembre

Il y a peu, huit ans d’amitié avec ma prof d’enluminure prenaient fin, pour des raisons débiles et une incompréhension mutuelle sur lesquelles je n’ai pas envie de revenir. Avec elle comme avec moi, quand c’est fini, c’est fini pour de bon, et il n’y aura pas de retour en arrière.

Les cours d’enluminure et les amies que j’y avais me manquent. C’était une occasion de passer l’après-midi ailleurs que devant mon ordinateur 🙂 Or, il y a trois jours, une dame qui me regardait peindre à la boutique m’a demandé si je donnais des cours…

Le temps a passé, et donc j’ai eu un peu le temps de réfléchir à la chose. Je me suis toujours sentie un peu incapable d’enseigner quoi que ce soit. J’avais donné des cours à la maison de quartier de Chantepie, près de Rennes, pour apprendre à des dames âgées comment fabriquer de petits carnets souples, des marque-pages en papier japonais, etc. Mais jamais comment peindre. Lorsque je peins, je ne sais pas toujours ce que je fais. C’est comme s’il y avait une part de magie et un générateur d’improbabilité : on sait comment on commence à peindre une enluminure, mais on ne sait jamais comment sera le résultat final, ni dans quoi on se lance ! Je vais toutefois essayer.

Je manque de confiance en moi… On verra bien comment ça se passe, mais je pense que le courant avec cette dame, qui a tellement soif d’apprendre, passera bien. Je lui passerai un coup de fil après ma saison touristique de peintre au Château dans le Ciel, et je vous tiendrai au courant !

De la désertion des réseaux sociaux et du nouveau blog

Désertion des réseaux sociaux ? Carrément ? Mais pourquoi ? Vous me connaissez peut-être depuis quelques mois, peut-être depuis plus de 25 ans. Car 25 ans, c’était l’âge de mon défunt blog. Je l’avais fermé faute de mise à jour depuis deux ans, le 1ᵉʳ janvier 2024.

Mais, depuis peu, l’envie de me remettre à bloguer est revenue. Je crois que je me suis lassée des réseaux. Ma désertion des réseaux sociaux a débuté parce que Facebook, au lieu de me montrer ce que font mes amis, ne me montre plus que le contenu de pages auxquelles je ne me suis jamais abonnée. Instagram mise tout sur la vidéo, mais moi, je ne filme jamais mon processus créatif (je peins des enluminures, je fais un peu de reliure, des bijoux en plumes éthiques, et des bricoles en papier japonais), donc je me retrouve boudée par l’algorithme. Bluesky est pour moi un désert aride avec moins de followers que les doigts des deux mains.

Que reste-t-il ? Eh bien, il me reste Mastodon (@). J’ai un peu plus de 800 followers là-bas, et je trouve la communauté géniale, et toujours prête à aider quand j’ai un problème avec Linux 🙂 Mais je ne communique là-bas qu’en anglais, et je n’y ai que très peu d’espace (limite de caractères oblige) pour m’y étaler bien à l’aise… C’est encore le seul lieu qui empêche une désertion totale des réseaux sociaux chez moi.

Alors voilà un nouveau blog. L’ancien est archivé quelque part, en sécurité. Il aurait fêté ses 25 ans cet été. J’héberge moi-même celui-là, sur un nouvel hosting, tout nouveau, tout beau, et je vous offre ci-dessous les deux articles les plus populaires de l’ancien blog. Avec comme bannière l’étang de mon enfance ♥ Un lieu plus qu’idéal pour déserter les réseaux sociaux, non ?

Le lac enneigé, entouré d'arbres. On distingue un coin de ciel bleu entre les nuages.
Lac enneigé

Du Chant du Matin

(N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me dire si vous connaissez cette chanson, me parler des souvenirs qu’elle fait remonter en vous, et si vous la transmettez à votre tour aux plus jeunes de votre famille !) 

Vous étiez très nombreuses et nombreux à visiter mon blog, tenu depuis mi-2001. Le 1ᵉʳ janvier 2024, j’ai tenu à le fermer à jamais.

Toutefois, aujourd’hui, je repars de zéro en vous offrant son article le plus populaire, l’ancienne chanson « Chant du Matin » et ses paroles complètes.

Les paroles

Il fait jour, le ciel est rose,
L’horizon vermeil.
Quand la Lune se repose,
Lève-toi, soleil !
On entend sous la feuillée
Les oiseaux siffleurs
Et l’abeille réveillée
Dit bonjour aux fleurs.
En rêvant de belle eau fraîche
Beuglent nos grands bœufs ;
Ils voudraient quitter leur crèche
Pour les prés herbeux.
Tous les coqs du voisinage
Sonnent le réveil ;
Sur ce gai remue-ménage
Lève-toi, soleil !
Vite, vite, bonnes mères,
Allumez vos feux !
Qu’il s’élève des soupières
Un parfum joyeux !
Tendres mères que vous êtes,
Prenez soin de nous ;
Emplissez bien les assiettes
De vos jeunes loups !
Toi qui ris à ta fenêtre
Brune Jeanneton,
Mets ta coiffe et mène paître
Tes jolis moutons.
Leurs clochettes argentines
Font d’aimables chants ;
Fraîche comme une églantine.
Mène-les aux champs.
On s’est mis à la besogne
Ça va bien marcher !
On rabote, on scie, on cogne ;
D’autres vont faucher.
Ma petite sœur Nicole
Cherche son fuseau ;
Moi, je vais à mon école
Gai comme un oiseau.

Conclusion

Ce message avait été vu plus de 8750 fois au 1ᵉʳ janvier 2024, et contre toute attente, c’était une des portes d’entrées principales de mon blog…

Nathalie au micro, enregistrant le Chant du Matin
Nathalie au micro, enregistrant le Chant du Matin

Un immense merci à Alain, qui m’a envoyé la mélodie de la chanson, chantée par Nathalie, au format MP3. Cliquez donc sur les liens Google Drive ci-dessous pour voir la partition et les paroles, ou écouter le fichier audio au format MP3…

Partition et paroles

Fichier audio MP3 par Nathalie

Du sevrage difficile du Cymbalta 60 mg

(Un autre article très populaire de feu mon blog, ressuscité pour vous aujourd’hui)

Je vais vous conter l’aventure de mon sevrage médicamenteux d’un antidépresseur appelé Cymbalta. J’en ai déjà beaucoup parlé sur le réseau social blanc et bleu, mais comme tout le monde n’a pas le génial privilège d’être dans ma liste d’amis là-dessus, je vais en parler ici aussi. (Je plaisante, pour le génial privilège, je suis une vraie plaie sur FB.) Et, qui sait, ça pourra servir à d’autres.

Donc. Je prends ce médicament depuis plusieurs années, d’abord prescrit à 30 mg par gélule, puis à 60 mg, pour « améliorer mon sommeil ». Parce que c’est mon grand problème de dépressive : je gamberge sans arrêt, surtout la nuit quand je n’arrive pas à dormir pendant cinq minutes, puis le cerveau se met en route et enchaîne les rêvasseries pour m’empêcher définitivement de me rendormir.

Voilà plusieurs fois que je parlais de mon mauvais sommeil à M. Psy (pas celui de Gangnam Style, non, le psy avec un diplôme en psychiatrie). (Je mets une touche d’humour si je veux, j’en ai bien besoin. Et puis c’est mon blog). Je me réveille plusieurs fois par nuit, pour finir de dormir pour de bon entre trois et quatre heures du matin. De plus en plus souvent. Ces insomnies m’ont un peu plus enfoncée dans la dépression, le mal-être, et les problèmes de relations sociales qui vont avec. En effet, difficile d’aller faire la fête assez loin de Rennes s’il faut conduire un peu longtemps pour rentrer, après quatre heures d’un sommeil agité. Parce qu’en plus, mes rares heures de repos sont hantées par des rêves tout droits sortis d’un passé très lointain.

M. Psy, donc, m’a prescrit une double dose de la chose pour m’aider à dormir. Les mois passent, et les insomnies ne décident pas d’aller voir ailleurs pour autant. La consultation suivante est arrivée un beau jeudi, après trois jours pratiquement sans sommeil, et il a décidé de me changer de médicament. S’en suivent des explications sur le mode d’emploi du Nouveau Médicament, qu’il faut prendre au coucher, immédiatement avant de dormir. Le Valdoxan n’est pas un somnifère, ça reste un antidépresseur, mais il « aide à dormir ». Soit. Si c’est comme la double dose de Cymbalta, ça ne me fera rien, je me méfie un peu, mais j’accepte le changement.

Ordonnance en main, je me rends à la pharmacie, un peu anxieuse de commencer un nouveau traitement impliquant l’arrêt du Cymbalta. Car il m’était arrivé de me trouver à court de gélules, et dans mon souvenir cela avait été particulièrement désagréable.
J’ai avalé mon dernier Cymbalta le dimanche de Pâques au matin. Cela fait donc cinq jours que j’ai arrêté.

Retour sur un calvaire

Calvaire, martyre, chemin de croix, le vocabulaire religieux ne manque pas pour décrire ce que j’ai vécu. Parce que le Cymbalta 60 a été arrêté brutalement, pour passer directement au Valdoxan 25, sans prise d’une dose dégressive. Je maudis un peu M. Psy de n’avoir pas énormément parlé de cette phase lors de notre entretien.

Lundi 21 : trente-six heures après la dernière prise de Cymbalta, j’ai commencé à devenir une pelote de nerfs, irritable pour un rien, agacée par des détails, et même carrément odieuse après qu’on m’ait prise pour un jambon sur Twitter (quelqu’un m’a spoilé Game of Thrones, j’ai dit « pas de spoilers ! » et on m’a répondu « nan mais ça n’en était pas un », alors que si. Et un beau. Bref). Les choses qui ne me font que hausser un sourcil d’habitude me donnent envie de sortir un flingue. Je sors de mes gonds plus vite que l’éclair. Et je dis des monstruosités que je ne regrette pas le moins du monde, sur le moment.

Mardi 22 : j’ai presque passé une bonne nuit grâce au Nouveau Médicament, mais elle a été en pointillés. Je me dis que jusqu’ici tout va bien, et que le sevrage du Cymbalta se passera sans doute bien. M. Psy a dit que le Valdoxan pourra mettre jusqu’à quinze jours pour être efficace, mais cette nuit encourageante me laisse penser que je suis quand même sur le bon chemin. Je parviens à me traîner jusqu’à mon club de loisirs créatifs, à suivre tout un cours d’encadrement bien compliqué, et à animer un cours de cartonnage toute seule. Yay. J’ai les doigts un peu gourds, je suis dans la lune en voiture, mais je reste assez zen pour ne pas secouer les élèves de mon cours. Mais…

Soixante heures après l’arrêt brutal du Cymbalta, en plus d’être cette boule de nerfs particulièrement pénible, je remarque des symptômes physiques gênants. Paupière qui saute, temps de réaction quand même vachement plus long au volant (oh, tiens, ça freine. Ça FREIIIINEUH !! *écrase la pédale du frein*). Rash sur la main gauche, que j’ai envie de me sectionner tellement elle me démange. S’il n’y avait que ça, ce serait presque le Club Med. Mais il y a aussi les décharges électriques intempestives. Oui, vous avez bien lu, je « prends le courant » au pif, quand Dieu (ou allez-savoir-qui) a décidé qu’il fallait que je reste éveillée. Je perçois des secousses dans les membres, et la tête. Parfois dans le corps tout entier. Picotements très, très désagréables. C’est écrit sur la notice du Cymbalta que ça peut arriver. Sans blague… Exactement comme la fois où j’avais manqué de médocs, mais en tellement pire. Le cours de mes pensées est systématiquement interrompu quand ça se produit. Et j’appréhende chaque coup de jus à venir. D’où des difficultés à m’endormir, le soir venu.

Mercredi 23 : insomnie totale, cette nuit. Rien de rien, malgré le Valdox’. Mêmes symptômes que la veille, avec une divinité sadique qui manipule sur moi un Sport-Elec invisible. Et la migraine… Une migraine historique, qui m’obligera à porter de larges et épaisses lunettes de soleil en ce sombre jour pluvieux. Ô joie, le soir, on a un repas de famille… J’y suis allée malgré tout, lunettes noires sur le nez, même pour le retour en voiture après la tombée de la nuit. Hum.

Le nouveau symptôme du jour ? Une sorte d’hypersensibilité : j’ai pleuré en entendant le mot « Carcassonne » à la TV. Et même pleuré pour rien, une bonne partie de l’après-midi, vautrée sur le canapé, à attendre que passe le mal de tête le plus puissant depuis que je vis ici. Envie de passer par la fenêtre pour en finir avec l’électricité dans ma pauvre tête.

Jeudi 24 : hier, donc. Hier se tenait le repas des animatrices de mon club de loisirs créatifs, et j’avais promis (avant que tout ne tourne mal) que je covoiturerais ces dames jusqu’au chic restaurant où nous devions nous rendre. Presque cinq heures à table, parmi des dames fort sympathiques mais qui parlent souvent un peu fort… C’était mal barré. Et pourtant il n’y a pas eu de nouvelle migraine, la nuit précédente a été presque bonne, et les conversations n’ont presque pas été gênantes pour mes pauvres oreilles. Encore un peu de « courant » qui passe, mais Dieu semble se lasser avec l’électro-stimulation. Ce fut au final une bonne journée. Le repas gastronomique offert y est certainement pour quelque chose, mais pas seulement 🙂

Vendredi 25 : une nuit qui aurait pu être pire. Je me suis levée à 5h30, pour dormir un peu de nouveau sur le canapé de sept à neuf environ. Toujours les secousses électriques, mais elles sont moindres en intensité et en fréquence. Je commence à croire que je vois le bout du tunnel. J’irai même faire un tour en ville. C’est là que je remarquerai que la sensibilité étrange à tout ce qui peut me rappeler des vacances ou une escapade dans le sud me fait chialer : j’ai fui le rayon voyage de la librairie après avoir senti monter les larmes devant un petit guide de poche sur un simple week-end à Rome. Un peu plus tard, ce sera un CD de musique baroque chanté en italien qui me fera pleurer comme une madeleine.

Le bon bout

Oh, j’ai tout de même acheté un T-shirt et des babioles (dont un bouquin d’art-thérapie) en allant en ville, ce qui veut dire que la Grande Tentation de faire chauffer la CB est toujours là. Mais je commence à bénéficier d’un repos réel et réparateur, et ça fait tellement de bien ! Ce qui me fait un bien fou aussi, ce sont les ami-e-s qui me soutiennent quel que soit mon taux d’irritabilité, voire de méchanceté. Et mon taux de « bon-à-riennisme » quand je vais mal. Sans ces gens là, sans le Muh, sans sa maman, les choses déjà très difficiles à vivre auraient été bien pires. Vous, les ami-e-s et la famille, je vous cœur cœur cœur.

[EDIT] Vous êtes très nombreuses et nombreux à visiter mon blog à travers ce billet. N’hésitez pas à faire part de votre expérience de ce médicament dans les commentaires ci-contre, et vous verrez, vous ne serez pas seuls avec votre médicament… Vous êtes des dizaines, des centaines à vous renseigner sur le sujet.